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  1. #1
    Ancien Furieux Divinité Avatar de Pyram
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    Par défaut [ARTICLE] ALT+TAB #34 : Emerveillement

    Alors que passent les années et que nous prenons de l'âge, nous les perdons peu à peu, chaque jour un peu plus : des choses comme le sens du merveilleux, l'idée d'un univers aux possibilités sans limite, la joie pure, sincère et sans arrière-pensée. Peut-être qu'à certains moments, très rares, nous en retrouvons l'étincelle mais il est clair que ces choses ne relèvent plus de ce que nous sommes. Car nous ne sommes plus des enfants.

    Pourquoi ressentions-nous les choses de cette façon quand nous étions petits ? Sans doute parce que le monde alors était une vaste inconnue, entier, nouveau et mystérieux. Nous ne savions pas comment il fonctionnait. Nous n'avions de responsabilité envers personne. Nous êtions de nouveaux individus dans un endroit tout aussi nouveau, du moins pour nous.


    Lorsque l'on en vient à écouter tour à tour les érudits, les développeurs ou les fans, la plupart mettront l'accent sur tels titres sérieux dotés d'un fort potentiel éducatif, sur tels autres dignes d'être considérés comme la nouvelle forme d'art du 21ème siècle, ou enfin sur tels derniers dont le potentiel rivalise avec le cinéma comme vecteur culturel.

    Certes, oui, ce sont là autant de casquettes que le jeu vidéo peut fièrement arborer mais au de-là des discours pompeux, il y a une chose que chaque jeu vidéo contient dans son potentiel : la faculté de nous ramener en arrière, et ce d'une façon très réelle, nous redonnant le sens de l'émerveillement, de la joie et de l'exploration. Chaque jeu est pour nous un nouvel endroit à visiter, un lieu inconnu où nous pouvons devenir quelqu'un de tout aussi nouveau.

    Concentrez-vous, réfléchissez à ce que vous ressentez au moment où vous découvrez un jeu auquel vous n'avez jamais joué. Tout un monde s'y étend devant vous, dont vous ignorez encore les limites. Le rôle que vous y jouerez, vous l'ignorez encore. Vous ignorez même les fonctions des boutons de votre manette.

    L'expérience que vous venez de commencer n'est rien d'autre qu'un gigantesque potentiel.
     


    Je pense que le jeu qui servira au mieux la puissance évocatrice à laquelle je souhaite vous soumettre est certainement Shadow of the Colossus. Si vous y avez joué, rappelez-vous de ces premiers instants où vous n'aviez encore combattu peut-être qu'un seul des colosses. Le monde où vous évoluiez était si vaste, et votre personnage y était si seul, vous aviez alors l'impression qu'il était sans limite : qu'y a-t-il dans cet univers inconnu ? Quelle tâche deviez-vous accomplir ? Quelles en étaient les frontières, s'il y en avait ?

    La plupart des autres jeux sont dotés d'un scénario bien plus franc du collier, clairement assorti à leurs mécaniques de jeu mais même parmi ces jeux, il y en a qui sont capables d'interpeller votre imaginaire : qu'est-ce qui a causé l'holocauste nucléaire de Fallout ? Qu'était réellement la cité de Rapture ? Qui sont les anciens de Mass Effect ? Autant de questions invitant notre esprit à libérer ses instincts créatifs : et soudain, voilà que nous imaginons.

    Alors que nous explorons un nouvel univers de jeu, alors que nous commençons à en découvrir les frontières, nous revivons finalement les expériences propres à notre enfance.

    Enfance : Oh, le feu, c'est chaud, ça brûle.
    Jeu : Surtout ne pas tomber dans le vide avec Mario.
    Enfance : Regarder avant de traverser la rue.
    Jeu : Les pokemons de ce type craignent les attaques psychiques.
    Enfance : J'aime le goût des fraises.
    Jeu : Les accélérations de Sonic sont fantastiques.
    Etc.

    Nous explorons de vastes espaces tout comme nous explorions les recoins du jardin. Nous chassions des trésors dans le grenier ou la cabane du voisin tout comme nous cherchons aujourd'hui les fragments de coeur dans Zelda. Nous combattions des monstres imaginaires, mimant les affrontements dans l'herbe grasse. Nous inventions les règles de nos jeux, les respections, les brisions, les changeions. Nous inventions des villes, des royaumes, des continents, des civilisations entières avec la seule aide de notre esprit.

    Nous devenions des héros, meilleurs que ce que nous ne serions jamais - plus grand, plus fort, plus courageux, aptes à accomplir de belles choses. Nous pouvions terrasser des armées entières, nous pouvions sauver le monde.
     


    Nous pouvions être qui nous voulions, faire ce que nous voulions. L'emballage avait peu d'importance : super-héros, agent secret, aventurier, personnage de dessin animé, tout ce qui comptait, c'était de prendre part à l'expérience, de vivre ces choses qu'étaient l'exploration, la domination, la maîtrise, la création.

    Des choses qu'aucune autre forme de divertissement de masse ne peut fournir aussi complètement, quand on y pense. Les films, les romans, les bandes dessinées, les séries télé peuvent nous faire entrapercevoir des réalités autres que la nôtre, mais quoi qu'il arrive, nous n'y serons jamais que des voyeurs, pas de vrais acteurs. Nous y vivons par procuration les exploits d'autres que nous, nous plongeant dans leur destin, pas le nôtre. Nous formulons nos propres interprétations de ce qui leur arrive, mais jamais nous ne serons eux. Nous découvrons avec émerveillement au début les univers de ces médias que l'on pourrait qualifier de "statiques" mais tout ce que nous pouvons y observer ne franchira jamais les limites du support. L'expérience en est donc riche émotionnellement, mais jamais au point de nous faire devenir de nouveaux "nous-mêmes".

    Alors, oui, peut-être que les jeux vidéo sont une nouvelle forme d'art, un outil éducatif puissant ou une nouvelle pyramide culturelle. Mais peut-être qu'ils ne le seront pas. Cependant, ils restent proprement uniques : parce qu'ils sont interactif, parce qu'il rappellent de vieilles émotions (madeleines de Proust, nous voilà) propres à l'enfance dans nos vieilles carcasses d'adultes. C'est une forme de thérapie incroyablement puissante, qui vaut bien plus que n'importe quelle séance de psychanalyse.


    Je vais sonner très heideggerien mais si notre trop grande connaissance du monde nous a vidé du sens du merveilleux, la remplaçant par un peu trop de cynisme, les jeux nous offrent des mondes nouveaux où nous pouvons ressourcer notre sens de l'émerveillement.

    La personne la plus triste du monde est celle qui a déjà tout vu, le sans-joie, le cynique. Le goût du jeu, de l'exploration, de l'insouciance propres à l'enfance sont ce que le cynique a oublié.

    Et c'est ce que les jeux vidéo pourraient lui offrir.

    Dernière modification de Pyram, 23/09/2010 à 10h00

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  3. #2
    Ancien Furieux Divinité Avatar de Pyram
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    Je tiens à signaler que j'ai beaucoup hésité avec Zelda comme titre illustratif de cet article.

  4. #3

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    Tain je suis d'accord avec toi, mais tu prends deux exemples de jeux qui m'ont passablement emmerdé.

    Par contre, j'ai totalement ressenti ça dans Red Dead Redemption. *_*

    Le meilleur exemple de joueur blasé qui ne s'émerveille plus de rien, c'est le vieux relou qui ne vit que par l'adage "c'était mieux avant", et qui cherche continuellement des défauts à tout pour prouver son idée.

  5. #4
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    Alors la je dois admettre que je suis très admiratif devant tes articles. Tu as un style d'écriture très sympa à lire et on dévore les articles les un après les autres à une vitesse incroyable. Je ne sais pas ce que tu fais comme métier dans la vie (ou comme étude d'ailleurs) mais j'adore ta façon d'écrire, de penser et de décrire tout ce qu'on peut ressentir (tu généralises très bien sans entrer dans les gros clichés banals).

    Et puis bon, je suis un inconditionnel de l'univers de Zelda donc ça aide pas !

    PS : Comment trouves-tu tes sujets ?

  6. #5
    Ancien Furieux Divinité Avatar de Pyram
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    Merci pour le compliment !
    Je suis un consultant informatique qui a eu des vélléités artistiques quand il a été jeune avant de se rendre compte qu'il préférait gagner des sous (histoire de mieux se permettre les trucs ).
    Quant aux sources d'inspiration, ce sont souvent les sujets d'actualité renforcé de tout ce que j'ingurgite comme information au quotidien (genre, je regarde Toy Story 3 et j'enchaîne trois articles sur le thème de l'enfance ).

  7. #6
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    Moi jsuis un grand enfant toujours émerveillé qunad le jeux est poussé graphiquement, le dernière en date citer plus haut est Red Dead Redemption

    Mais je penses que pour poussé ton émerveillement il faut un jeu solo (c'est mon avis) car le jeu multijoueur avec vocal ect te fait moins ressentir les choses ce qui est contradictoire avec un mmorpg!

    Mais bon une exception qui confirme la règle selon moins c'est dark Eresy un jeu de rôle avec un Maître du jeu(pas sur de l'orthographe Nierdag!) où j'ai été dubitatif avant de testé et vraiment je me suis pris de passion.C'est un jeu ou l'imagination reste le principal attrait

  8. #7

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    Le meilleur exemple de joueur blasé qui ne s'émerveille plus de rien
    Salut,

    En ce qui me concerne, mes premières grandes émotions ont été sur PSO, mon premier multiplayer sur la Dreamcast. Si les joueurs d'avant n'ont pas du tout la mentalité de ceux d'aujourd'hui, je pense que c'est, ces univers mais égalements les joueurs passionés, et investis que nous sommes qui font de ces expériences vidéoludiques de véritables trésors pour l' émotion et notre mémoire.

    Allez expliquer à quelqu'un qui n'a jamais joué à un jeu correctement que vous avez des souvenirs tellement plus beau et si intenses le foix gras de noel dernier... On va vous rire au nez, ou vous prendre pour un fou.

    Aujourd'hui après avoir vécu pas mal de choses avec le jeu, au niveau loisir ou professionel, je pense que les jeux ne m'atteignent plus comme avant. J'ai 30 ans et je trouve les jeux fades et vide d'intéret, pourtant je me souviens encore de ces 4 ans sur World of Warcraft, ces nuits blanches sur Flashback, ces aventures sur Phantasy star online, ou encore Final fantasy 7, 15 jours avec un pote de l'adolecence dans un grenier avec la playstation et des cigarettes !

    Là, je viens de m'acheter starcraft, le jour de sa sortie, et j'y ai joué jusqu'à aujourd'hui. Tant d'année de préparation, d'attente... Et au final quoi ? Un très bon jeu ! Malheureusement, une vision, et une orientation des ajustements qui m'interpelle sur le coté casual. Une communauté naissante déjà pervertie par la médiocritude qui à l'époque à déferlé sur Wow ! Des sytèmes de rencontre et d'évolutions dont ont ne connait pas le fonctionnement, des managers de forum qui sortent des news bidonnées pour amuser la galerie. Tant d'amertume face à Blizzard qui à fait de très très beau produits, ou chef d'oeuvre et qui perverti ses jeux pour un aspect commercial.

    Enfin, je risque d'arrêter très vite de jouer, j'y pense pas mal, après avoir pourtant attendu ce jeu depuis un bail et avec grande impatience. Quand je vois ce qu'est devenu World of Warcraft, et les gens qui au départ s'émerveiller de se rencontrer en reseau, et, avait "la patate" et ces rencontres d'intéret aujourd'hui, je me dis que plus ça ira et moins il y aura de choses à gratter dans le jeu en reseau.

    Voilà une vision en contradiction avec le message originel de ce post, mais j'espère qu'elle pourra vous faire réagir.
    Dernière modification de Bananutz, 24/09/2010 à 17h35

  9. #8

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    Citation Envoyé par Bananutz Voir le message
    Salut,

    En ce qui me concerne, mes premières grandes émotions ont été sur PSO, mon premier multiplayer sur la Dreamcast. Si les joueurs d'avant n'ont pas du tout la mentalité de ceux d'aujourd'hui, je pense que c'est, ces univers mais égalements les joueurs passionés, et investis que nous sommes qui font de ces expériences vidéoludiques de véritables trésors pour l' émotion et notre mémoire.

    Allez expliquer à quelqu'un qui n'a jamais joué à un jeu correctement que vous avez des souvenirs tellement plus beau et si intenses le foix gras de noel dernier... On va vous rire au nez, ou vous prendre pour un fou.

    Aujourd'hui après avoir vécu pas mal de choses avec le jeu, au niveau loisir ou professionel, je pense que les jeux ne m'atteignent plus comme avant. J'ai 30 ans et je trouve les jeux fades et vide d'intéret, pourtant je me souviens encore de ces 4 ans sur World of Warcraft, ces nuits blanches sur Flashback, ces aventures sur Phantasy star online, ou encore Final fantasy 7, 15 jours avec un pote de l'adolecence dans un grenier avec la playstation et des cigarettes !

    Là, je viens de m'acheter starcraft, le jour de sa sortie, et j'y ai joué jusqu'à aujourd'hui. Tant d'année de préparation, d'attente... Et au final quoi ? Un très bon jeu ! Malheureusement, une vision, et une orientation des ajustements qui m'interpelle sur le coté casual. Une communauté naissante déjà pervertie par la médiocritude qui à l'époque à déferlé sur Wow ! Des sytèmes de rencontre et d'évolutions dont ont ne connait pas le fonctionnement, des managers de forum qui sortent des news bidonnées pour amuser la galerie. Tant d'amertume face à Blizzard qui à fait de très très beau produits, ou chef d'oeuvre et qui perverti ses jeux pour un aspect commercial.

    Enfin, je risque d'arrêter très vite de jouer, j'y pense pas mal, après avoir pourtant attendu ce jeu depuis un bail et avec grande impatience. Quand je vois ce qu'est devenu World of Warcraft, et les gens qui au départ s'émerveiller de se rencontrer en reseau, et, avait "la patate" et ces rencontres d'intéret aujourd'hui, je me dis que plus ça ira et moins il y aura de choses à gratter dans le jeu en reseau.

    Voilà une vision en contradiction avec le message originel de ce post, mais j'espère qu'elle pourra vous faire réagir.
    T'as surement raison pour le jeu en réseau, j'ai arrêté les MMO a City Of Villains.

    Mais pour les autres types de jeux, je persiste, on fait pas moins bien qu'avant, c'est même l'inverse dans les 3 quarts des genres qui m'intéressent.

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